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le Musical du Carillon

STARACH'MANIA

la création 2026 de la Compagnie RagBag,

en co-production avec l'ALEP

En très bref

Une comédie musicale d’1h30, inspirée d’une émission de télécrochet, la Star Académy, avec 9 comédien.nes, 3 musiciens, 1 chorégraphe et une autrice/metteuse en scène.

 

L’aspect social

Les 9 comédien.ne.s sont amateurices et vivent à Blois.

7 d’entre eux sont bénéficiaires du RSA ou de l’AAH.

6 d’entre eux sont en situation de rue ou de grande précarité et fréquentent le Carillon, l’antenne blésoise de la Cloche, une association qui favorise le lien social dans la ville et la solidarité avec les commerçant.e.s.

L’équipe artistique professionnelle

Amélia Bréchet, autrice, metteuse en scène, choriste, voix off, monteuse

Poppee Gicquel, chorégraphe

Paul Cadier, multi-instrumentiste (clavier, saxophone, MAO, choriste) et compositeur

Antoine Hefti, batteur, MAO, choriste et compositeur

Antoine Serrau alias Frère Sympa, guitare, MAO

Aurélien Quentin, affiche provisoire et illustrations

Julien Quentin, réalisation de la scène du retour à la ferme des Gueux

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DIEGESE-PITCH

On est en 2030 et c’est la Star’ach, la Star Académy des pauvres, des arraché.e.s, des fiévreuxse, des mal-en-point, des têtes de pioche, des maltraité.e.s… France 2, la dernière chaine publique du PAF, a développé un nouveau concept d’émission  depuis 2028 : une école de chant et de danse pour les paumé.e.s, qui les met en compétition pour accéder à la victoire :  les deux finalistes auront accès à une cure (sevrage, sommeil, thermalisme…)  pendant trois mois. Et le grand gagnant accèdera, en sus, à un suivi psy et social pendant 5 ans.

On est en 2030, donc, et ça fait maintenant 2 ans que tous les lieux de soins ont été privatisés. Les mutuelles privées s’en mettent plein les fouilles et ce qui reste de CMU pour les désargenté.e.s nationaux ne couvre pas la moitié du prix de journée. Plus personne ne connaît l’AME depuis que l’Etat a perdu ce qui lui restait d’âme en 2027.

C’est dans ce contexte que France 2 prétend faire du travail social tout en offrant un divertissement au téléspectateur tous les soirs. La Starach, depuis sa création en 2028, met en scène la nécessité, la vulnérabilité pour flatter les pulsions scopiques d’un peuple qui souffre lui-même de la disparition des services publics et de tout ce qui permet de faire société. Et enfin, France 2 crée un puissant rappel à l’ordre : quoiqu’il arrive, restez des agents économiques productifs sinon, c’est la rue ou la starach.

 

L’ACTION de la pièce, entre parodie et comédie musicale

La pièce, Starach’Mania,  c’est le 1er prime de la saison 2030 de la Star’ach.

La promo 2030 se présente à la France entière au travers de chansons-portraits composées spécialement pour l’occasion. Animée par Cynthia, la grande gagnante de la Star’ach 2028, l’émission (et donc la pièce) se découpe en trois tableaux collectifs, huit tableaux individuels (portrait et chanson) et quelques magnétos vidéo pour présenter ou surprendre certain.e.s (aléatoirement selon les représentations). Mais Starach’Mania, ce sont aussi trois chants introspectifs de l’animatrice Cynthia, qui est, finalement, le seul personnage à épouser  le genre « comédie musicale », en suspendant l’action diégétique pour nous faire entrer dans ses tiraillements éthiques.

A la fin de l’émission, une vidéo est projetée sur scène. C’est un court métrage qui met en scène un faux direct : la traditionnelle caméra-embarquée dans le bus qui amène les candidat.e.s  vers la ferme des Gueux où ils vont vivre plusieurs semaines. Seulement, ce n’est pas un bus mais un fourgon qui les attend à la sortie du studio. La route est longue et cahoteuse. Une fois arrivé.e.s à la ferme, les guirlandes habituelles ne s’allument pas et un mot de la production les informe que l’augmentation du prix de l’électricité l’a inspirée pour faire redécouvrir la vie aux chandelles à toute l’équipe. Chaque jour, il y aura trois bougies pour s’éclairer. De quoi alimenter des conflits, de la honte et générer un inconfort majeur pour faire gonfler un audimat sadisant. Mais c’était sans compter l’esprit de solidarité et de révolte de certain.es qui arrivent à convaincre toute l’équipe de saboter l’émission. Ils reprennent le volant du fourgon, et retournent au studio du prime.

« Rendez-nous les services publics, on n’est pas des machines à fric ! »

La production laisse le direct se poursuivre. Des records d’audience sont enregistrés, jusqu’au moment d’un discours trop dangereux de Théo de Hess. La production décide de rendre l’antenne.

 

Noir écran. Noir salle.

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